Il enchaîne les opérations de transbordement : Le port de Djen Djen affirme ses ambitions méditerranéennes
Un troisième transbordement en l’espace de quelques mois vient d’être enregistré au port de Djen Djen. Samedi 20 septembre, le navire MV Seadance y a fait escale avec à son bord 537 bobines d’acier acheminées depuis la Chine, soit une charge de 5 700 tonnes. Débarquée au quai d’Alger 2, la marchandise n’était toutefois pas destinée au marché algérien : elle a été traitée puis réexpédiée vers Djibouti, sa destination finale, a fait savoir l’Entreprise portuaire de Djen Djen (EPDD) dans un communiqué diffusé dimanche. Dans son communiqué, l’EPDD décrit cette fonction comme la démonstration concrète de « l’accueil, le traitement et la réorientation de différents types de cargaisons », rendus possibles par la position et les équipements du site. L’entreprise y voit la traduction opérationnelle d’un objectif plus large : faire de Djen Djen un point de passage entre les grandes lignes maritimes mondiales et les économies d’Afrique et de la région. Cette vocation n’a rien d’improvisé. Le port s’étend sur 210 hectares et dispose d’un tirant d’eau atteignant 18,20 mètres, ce qui en fait la plus vaste infrastructure portuaire du pays et l’une des plus profondes du bassin méditerranéen. Sa localisation joue également en sa faveur. A moins de 50 milles nautiques de l’axe maritime reliant le canal de Suez au détroit de Gibraltar, il se trouve sur l’une des routes commerciales les plus fréquentées au monde. À proximité immédiate, l’essor du complexe sidérurgique algéro-qatari de Bellara renforce le tissu industriel local et alimente, en amont comme en aval, le trafic du port. La dynamique observée ces derniers mois s’accompagne d’un chantier de fond. Engagée sur instruction du président de la République dans le cadre de la modernisation des grandes infrastructures portuaires, la deuxième tranche du terminal à conteneurs devait être livrée en juin 2026 ; une fois pleinement opérationnelle, elle portera la capacité de traitement à près de 2 millions de conteneurs équivalents vingt pieds (EVP) par an, hissant Djen Djen parmi les tout premiers terminaux de Méditerranée occidentale par la taille.
L’EPDD ne s’y trompe pas. Chaque nouvelle opération de transbordement vient, selon ses termes, « renforcer le rôle du port de Djen Djen en tant que maillon entre les lignes de navigation maritime internationales et les marchés régionaux ». L’entreprise rappelle par ailleurs que la coordination entre les différents intervenants portuaires a été nécessaire au bon déroulement de cette opération, preuve d’une organisation rodée à ce type de flux.
Amar Malki

