Chaussures et habillement : De nouvelles marques mondiales produiront en Algérie
De nouvelles marques mondiales d’habillement et de chaussures arriveront sur le marché algérien dans les prochaines semaines, et une partie d’entre elles fabriquera sur place. C’est ce qu’a annoncé le ministre du Commerce extérieur et de la Promotion des exportations, Kamel Rezig, à l’issue d’une réunion de travail tenue mardi à Alger avec les opérateurs à marque unique qui représentent ces enseignes dans le pays.
Selon le communiqué du ministère, la rencontre a permis de passer en revue les indicateurs de la production locale au premier semestre, les capacités de production et d’exportation, ainsi que les perspectives de la filière. Pour le ministre, l’arrivée de ces enseignes traduit « l’attractivité croissante du marché algérien » pour les investissements et les activités de production. Le ministère ne cite toutefois aucun nom et ne précise ni le pays d’origine de ces marques, ni leur positionnement, ni le nombre de magasins prévus. Kamel Rezig s’est par ailleurs félicité de la hausse de la production des marques mondiales en Algérie. Il estime que la localisation de leur production fera grimper la valeur ajoutée locale, renforcera les capacités industrielles et permettra aux opérateurs algériens de s’intégrer aux chaînes de valeur liées à ces marques.
Le ministre a aussi insisté sur la nécessité de « parachever » la domiciliation bancaire des programmes prévisionnels d’importation destinés à la vente en l’état, en particulier dans l’habillement et la chaussure. Cette annonce s’inscrit dans une démarche engagée depuis plusieurs mois. En janvier, à l’ouverture du salon des marques internationales Made in DZ, Kamel Rezig affirmait que le pays commençait à récolter les fruits des réformes lancées depuis 2020, après avoir attiré des dizaines de marques mondiales de vêtements. En juin, il présidait la signature d’un partenariat stratégique entre l’américain Skechers et l’algérien Tradifoot, qui prévoit la première usine de la marque sur le continent africain, dans une logique de substitution des importations par la production locale. Les enseignes étrangères ne se contentent plus de vendre en Algérie des articles fabriqués ailleurs. Elles y installent désormais leur production, pour servir d’abord la clientèle locale et, à terme, viser l’export. Le mouvement a pris de la vitesse en 2023, quand le complexe textile Tayal, né d’un partenariat avec la Turquie, a conclu quatre accords avec Zara, Celio, Okaïdi et LC Waikiki, en fournissant les matières premières. D’autres noms ont suivi, dont Mango, Etam, Lacoste et Decathlon, qui prévoyait deux millions de pièces dont une part pour l’Afrique. Infrastructures, incitations à l’investissement, fiscalité, coûts compétitifs et taille du marché expliquent cet attrait. Pour le pays, l’intérêt est de garder plus de valeur sur place, de former des compétences, de bâtir un tissu de sous-traitants et d’entrer dans les chaînes de valeur mondiales. Le label « Made in Algeria » y gagne en crédit, et l’arrivée prochaine de nouvelles marques prolonge cette trajectoire.
Amar Malki
3e ouv

