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Lait infantile : Une usine de d’une capacité 10 000 tonnes opérationnelle en 2027

L’Algérie multiplie les investissements dans la production locale de lait infantile, un secteur stratégique pour la sécurité alimentaire comme pour la sécurité sanitaire. Après Oran, un nouveau chantier d’usine, qui doit entrer en production en juillet 2027, vient d’être passé en revue par l’AAPI à Larbatache, dans la wilaya de Boumerdès.

Le directeur général de l’Agence algérienne de promotion de l’investissement (AAPI), Omar Rekkache, a inspecté, mercredi, le chantier d’une usine de lait infantile à Larbatache, dans la zone industrielle de la wilaya de Boumerdès. Deuxième étape de sa visite de terrain, l’unité appartient à la société privée Baby Infant Nutrition. Elle doit entrer en exploitation en juillet 2027 avec une capacité initiale de 5 000 tonnes par an, portée graduellement à environ 10 000 tonnes, et créer plus de 100 emplois directs.

Dans son communiqué, l’AAPI voit dans ce projet un moyen de « renforcer l’approvisionnement du marché national en lait pour nourrissons et enfants » et d’appuyer la production locale. Il illustre, selon l’agence, « l’importance des investissements industriels productifs » pour consolider les capacités du pays. L’initiative s’inscrit dans la vision du chef de l’État. Le Président Abdelmadjid Tebboune avait appelé, en juillet 2022, lors d’un Conseil des ministres, à nouer des partenariats pour fabriquer ce produit en Algérie, et le ministère de l’Industrie avait ouvert des consultations dès le mois d’août suivant.

L’urgence se lit dans les chiffres. D’après le rapport de la Cour des comptes fin 2024, les importations de lait infantile sont passées de 11 314 tonnes en 2009 à 20 858 tonnes en 2023, soit presque le double, tandis que la facture bondissait de 82,84 à 188 millions de dollars. Sur la même période, le prix moyen au kilo, transport compris, est monté de 528 à environ 1 500 dinars. Pour un produit vital, entièrement importé, la dépendance a un coût que les autorités cherchent à réduire. Sur l’ensemble de la filière laitière, la Cour évalue à plus de 20 milliards de dollars la facture des importations de poudre de lait et de lait infantile entre 2009 et 2023.

Les projets se multiplient depuis pour mettre fin à cette dépendance. À Oran, dans la zone de Hassi Ben Okba, le projet de la société Tazi, dont la première pierre a été posée en juillet 2025 pour un investissement de 5,5 milliards de dinars, vise plus de 40 millions de boîtes par an, soit 40 % des besoins nationaux, avec 200 emplois à la clé. Début 2026, la presse le décrivait toujours en chantier et soulignait que l’Algérie ne produisait alors aucun lait infantile. Un autre projet, associant Saidal et Algerian Baby Healthcare à El Harrach, avait été annoncé dès août 2024.

Le secteur public entre aussi dans la course. Mi-septembre, le groupe Giplait a signé à Alger, par la voix de sa PDG Samah Lahlouh, un protocole d’accord avec le biélorusse Bellakt, prélude à la création d’une société mixte, après un accord de coopération conclu en février. Le lait infantile est aussi l’un des volets du mégaprojet Baladna, dans la wilaya d’Adrar. Adossé au complexe intégré de lait en poudre que le qatari Baladna développe sur 117 000 hectares à Timokten (daïra d’Aoulef), ce segment a été acté en septembre 2024 par un mémorandum d’entente et un accord de partenariat avec le Fonds national d’investissement pour une capacité montant progressivement à 30 000 tonnes par an, soit plus que les quantités importées en 2023. Le ministre de l’Industrie Farid Kourtel a reçu la délégation qatarie de Power International Holding mardi dernier et réaffirmé « la volonté du secteur d’accompagner le projet ». L’usine sera portée par UCC Holding, filiale du groupe, avec le groupe public Madar, Baladna Algérie devant fournir le lait.

Sabrina Aziouez

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