Céréales : La révision de la loi d’orientation agricole, un « tournant » pour la souveraineté alimentaire
La révision de la loi d’orientation agricole, récemment ordonnée par le président de la République, M. Abdelmadjid Tebboune, marquera « sans nul doute » un tournant dans le secteur, a affirmé, lundi à Alger, le ministre de l’Agriculture, du Développement rural et de la Pêche, M. Sid Ali Khaldi, qui a placé la filière céréalière au cœur de cet enjeu de souveraineté, à l’approche de la saison agricole 2026-2027. Le ministre s’exprimait à l’ouverture d’une rencontre avec les directeurs des services agricoles de wilaya, consacrée aux préparatifs de la nouvelle campagne. Cette réforme législative, qui associera l’ensemble des acteurs concernés, doit permettre au secteur « de s’adapter aux évolutions en cours dans le domaine agricole », a-t-il expliqué, en insistant sur le poids stratégique des céréales, qui constituent « la base de l’alimentation des Algériens » tout en pesant sur la facture d’importation.
Un quintal produit, des devises économisées
C’est sur ce dernier point que M. Khaldi a formulé son argument le plus percutant, en établissant un lien direct entre production nationale, équilibre des comptes extérieurs et création de richesse en affirmant que « chaque quintal produit est un quintal de moins importé, mais surtout une devise économisée, un revenu décent généré pour nos agriculteurs et des emplois supplémentaires créés pour nos enfants. » Un enjeu de souveraineté, a-t-il insisté, qui exige la mobilisation de tous les moyens nécessaires pour accompagner les producteurs et les encourager à accroître production et rendements. Le ministre a assuré que l’Algérie dispose du potentiel pour relever ce défi avec de vastes étendues de terres fertiles, une expertise agricole, un encadrement administratif et technique dans chaque wilaya et chaque commune, ainsi que des instituts de recherche développés.
Conformément aux hautes instructions du chef de l’Etat, qui a fait de la sécurité alimentaire l’une des grandes priorités nationales et un pilier de la souveraineté du pays, les objectifs de la campagne portent sur trois axes à savoir l’élargissement des superficies consacrées à la céréaliculture, l’introduction de nouvelles variétés de blé et l’élaboration d’une cartographie agricole des différentes régions, censée fonder une politique agricole nationale sur des données scientifiques précises. Les orientations issues de la dernière réunion du Conseil des ministres constituent, pour le secteur, « une feuille de route claire afin de réaliser cette vision stratégique », a relevé M. Khaldi.
Jachère, itinéraire technique et crédit Rfig
Pour la campagne labours-semailles, le ministre a demandé de promouvoir et de protéger l’agriculteur, présenté comme « partenaire clé » de la chaîne de production, en mettant à sa disposition semences, engrais, mécanisation, équipements et financement. Il a également appelé à un lancement précoce de la préparation des sols afin de profiter des premières pluies, au respect de l’itinéraire technique, aux semis en temps opportun et à la préparation de l’irrigation d’appoint, avec une attention particulière portée à la qualité des intrants et à l’amélioration des rendements à l’hectare. Ces efforts devront s’appuyer sur des données précises, soumises aux exigences de responsabilité et de redevabilité, dans le cadre du système national de données agricoles. Abordant la question du foncier, M. Khaldi a jugé « inacceptable » que de vastes surfaces demeurent chaque année en jachère. Un recensement exhaustif des terres non exploitées sera engagé en vue de leur intégration dans le Système national d’information agricole (SNIA), selon une approche progressive et équitable, tout en encourageant les investisseurs, notamment dans les régions du Sud.
Côté financement, il a été convenu de maintenir le dispositif du crédit agricole Rfig au profit des agriculteurs touchés par les catastrophes naturelles. Des réunions hebdomadaires seront organisées pour suivre les dossiers de crédit, lever les obstacles à leur traitement et renforcer la sensibilisation à l’assurance agricole.
Sabrina Aziouez

