Solidarité énergétique algéro-nigérienne : 1600 tonnes de carburant algérien à Agadez
Une cinquantaine de camions citernes chargés d’essence, partis de la raffinerie de Sbaa dans la wilaya d’Adrar, ont été réceptionnés dimanche à Agadez, dans le nord du Niger, un geste de solidarité d’Alger qui vient s’ajouter à une coopération énergétique en plein essor entre les deux pays voisins. Le convoi, qui totalise 1 600 tonnes, est destiné à approvisionner le marché nigérien et à résorber les tensions sur les produits pétroliers qui pèsent sur le pays frère. La cérémonie d’accueil s’est déroulée au dépôt régional de carburant d’Agadez, en présence du ministre nigérien du Pétrole, Hamadou Tini, du gouverneur de la région, le général de division Boulama Issa Ibra, de l’ambassadeur d’Algérie au Niger, Saadi Ahmed, et de la directrice générale de la Société nigérienne des produits pétroliers (Sonidep). Les autorités nigériennes ont exprimé leur profonde gratitude au président de la République, Abdelmadjid Tebboune, pour avoir facilité, accéléré et sécurisé la logistique d’expédition. M. Tini a pour sa part replacé les tensions actuelles sur l’essence et le gasoil dans une crise mondiale marquée par les conflits, les perturbations des chaînes logistiques et la fluctuation des prix.
L’ambassadeur algérien a rappelé que cette réception coïncide avec le 72e anniversaire du déclenchement de la Révolution du 1er Novembre 1954, y voyant « une nouvelle illustration de la profondeur des liens qui unissent l’Algérie et le Niger, deux pays voisins liés par l’histoire, la géographie, les intérêts communs et surtout par des relations fraternelles empreintes de solidarité et de confiance mutuelle ». Il a surtout précisé les circonstances de cet envoi, le chef de l’État ayant, « aussitôt su, a décidé, en urgence, de faire acheminer de l’essence vers le Niger sans que les autorités nigériennes en fassent la demande ». Pour M. Saadi, cela « témoigne de la dynamique positive qui caractérise les relations » entre les deux capitales. Il a aussi salué l’engagement du président nigérien, le général d’armée Abdourahamane Tiani, en faveur d’un partenariat fondé sur le respect mutuel, la confiance et la convergence des intérêts stratégiques.
Cette livraison s’inscrit dans une dynamique qui s’est nettement accélérée depuis le début de l’année, marquée notamment par le relance du chantier du TSGP. Long de 4 128 kilomètres, dont 1 037 au Nigeria, 841 au Niger et 2 310 en Algérie, le TSGP doit acheminer jusqu’à 30 milliards de mètres cubes de gaz par an vers l’Europe. Les travaux du tronçon algérien ont été officiellement lancés le 4 juin à Aoulef, dans la wilaya d’Adrar, en présence des ministres des trois pays concernés. Du côté nigérien, M. Tini a annoncé des relevés topographiques dès début octobre, le démarrage des travaux étant prévu début 2027. Il a insisté sur l’ambition de laisser derrière chaque projet mené avec Sonatrach « des compétences, des infrastructures, des entreprises et des cadres nigériens capables d’assumer progressivement des responsabilités ».
La coopération ne s’arrête pas au gaz. Sonatrach et la Sonidep exploitent ensemble le périmètre pétrolier de Kafra, une centrale électrique de 40 mégawatts offerte par l’Algérie a été inaugurée à Niamey en juin, et des experts algériens ont séjourné au Niger, du 26 au 30 octobre, pour moderniser la banque de données pétrolières du pays, après une mission d’appui technique sur un puits d’Agadem en octobre. Amar Malki

