Sonatrach publie son rapport annuel 2025 : Des résultats solides malgré un contexte mondial complexe
Dans un marché pétrolier orienté à la baisse, le groupe public a maintenu le cap en 2025 avec 603 milliards de dinars de bénéfice net et un effort d’investissement en hausse de 29 %. Son rapport annuel dessine un exercice solide, tourné vers la valeur ajoutée locale.
Sonatrach a réalisé en 2025 un chiffre d’affaires de 5 748 milliards de dinars (environ 43,7 milliards de dollars), dont 5 230 milliards de dinars (environ 40 milliards de dollars) à l’exportation, tout en consacrant 1 078 milliards de dinars (7,9 milliards de dollars) à ses investissements en Algérie. Une progression de 29 % qui confirme la volonté du groupe de renforcer ses capacités de production et de transformation. L’année a été marquée par la baisse des prix du pétrole, le Brent terminant 2025 à 62,55 dollars le baril, sur fond de ralentissement de la demande mondiale et de tensions géopolitiques. Pourtant, Sonatrach a su garder ses équilibres. Son président directeur général, Nour Eddine Daoudi, souligne que l’entreprise « a su faire preuve de résilience et de capacité d’adaptation ».
Les chiffres le confirment. La production primaire d’hydrocarbures est restée stable à 193,7 millions de tonnes équivalent pétrole, tandis que le volume des ventes a progressé de 1,4 % pour atteindre 165,1 millions de TEP. Le résultat net s’établit à 603 milliards de dinars, soit environ 5 milliards de dollars. Le marché du gaz a, lui, mieux résisté que celui du brut, avec des prix en hausse d’environ un dollar par MMBtu sur les grandes places européennes.
L’amont pétrolier et gazier reste la priorité absolue. Il absorbe 69 % de l’enveloppe, soit 740 milliards de dinars (5,4 milliards de dollars), dont 577 milliards de dinars (4,2 milliards de dollars) en effort propre. Le seul développement et l’exploitation des gisements ont mobilisé 635 milliards de dinars (4,7 milliards de dollars). Près de deux tiers du montant total engagé, soit 63 %, ont été dépensés en dinars. Sur le terrain, les résultats suivent. Sonatrach a annoncé 17 découvertes d’hydrocarbures, toutes en effort propre, et terminé 134 puits de développement, soit 18 % de plus qu’en 2024. L’entreprise a également réduit le torchage, avec 2,61 milliards de mètres cubes de gaz torchés, soit 31 % de moins qu’en 2020.
Le raffinage, nouveau moteur de croissance
La demande énergétique du pays continue de croître. Les ventes d’hydrocarbures sur le marché national ont atteint 76,1 millions de TEP, en hausse de 6 %. Pour y répondre, le groupe accélère dans le raffinage et la pétrochimie. Le 17 novembre 2025, un contrat a été signé avec le chinois Sinopec pour une unité d’hydrotraitement et de reforming à Arzew, d’une capacité de 780 000 tonnes de naphta lourd par an. Elle fera plus que doubler la production annuelle d’essence, qui passera de 550 000 tonnes à 1,2 million de tonnes.
La nouvelle raffinerie de Hassi Messaoud, l’unité de MTBE d’Arzew et celle de LAB à Skikda complètent ce dispositif. L’objectif est de produire davantage sur place et de limiter le recours aux importations, notamment de gasoil, qui ont atteint 1,08 million de tonnes en 2025.
Sonatrach a aussi élargi son réseau de partenaires. Le 21 juillet 2025, cinq contrats de partage de production issus de l’appel d’offres Algeria Bid Round 2024 ont été signés, dont celui d’Ahara avec TotalEnergies et QatarEnergy et celui de Regane II avec ENI et PTTEP. À l’international, le groupe a conclu des accords gaziers avec la Slovénie, pour 500 millions de mètres cubes par an, et avec la République tchèque, pour environ 200 millions. Des protocoles d’entente ont par ailleurs été signés avec des partenaires africains et asiatiques, du Kenya au Mozambique en passant par le Vietnam, ainsi qu’un projet d’hydrogène vert destiné à la sidérurgie.
Autre motif de satisfaction, la part des entreprises algériennes dans les commandes du groupe. Elles ont décroché 2 150 contrats, soit 83 % du nombre total, pour 512 milliards de dinars (près de 3,9 milliards de dollars), environ 60 % de la valeur des engagements. Des têtes de puits, des outils PDC et des couronnes de forage sont désormais fabriqués en Algérie avec un taux d’intégration nationale de 100 %. « Consolider les acquis, préparer l’avenir », tel est le titre que le président du groupe a donné à son bilan. Les chiffres de 2025 montrent que Sonatrach a de quoi tenir cette promesse. Samira Ghrib

