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Allocation chômage : Un nouveau cadre de formation pour les bénéficiaires

Les bénéficiaires de l’allocation chômage disposeront désormais d’un accès élargi à la formation professionnelle, ciblant prioritairement les métiers déficitaires sur le marché du travail. L’arrêté interministériel du 27 Chaâbane 1447 correspondant au 15 février 2026, signé par le ministre du Travail Abdelhak Saihi et la ministre de la Formation professionnelle Nacima Arhab, fixe un nouveau cadre pour améliorer l’employabilité des demandeurs d’emploi tout en répondant aux besoins des entreprises. Ce texte, qui abroge l’arrêté du 24 mars 2022, s’inscrit dans l’application du décret exécutif n° 22-70 du 10 février 2022 relatif à l’allocation chômage. Il vise selon son article premier à « fixer les conditions et les modalités d’organisation de la formation au profit des bénéficiaires de l’allocation chômage ». Deux catégories sont particulièrement concernées : les primo-demandeurs d’emploi et les détenus ayant purgé leur peine, deux publics pour lesquels l’insertion professionnelle constitue un enjeu majeur.

L’arrêté introduit une approche pragmatique en orientant les formations vers les besoins réels du marché. Comme le précise l’article 4, « les formations qualifiantes ou diplômantes sont organisées, selon le cas, notamment dans les métiers déficitaires sur le marché du travail ». Cette orientation stratégique doit permettre de réduire l’inadéquation entre l’offre de compétences et la demande des employeurs, problématique récurrente dans le système d’emploi algérien. Le dispositif repose sur une coordination renforcée entre l’Agence nationale de l’emploi et le secteur de la formation professionnelle. L’article 5 confie à l’ANEM la mission « d’identifier et de définir la liste des métiers, notamment les métiers déficitaires sur le marché du travail, pouvant faire l’objet d’une formation qualifiante ou diplômante ». Cette liste sera ensuite transmise aux services du ministère de la Formation professionnelle, qui organisera les sessions de formation en conséquence.

Les bénéficiaires conserveront leur allocation chômage pendant toute la durée de leur formation. L’article 4 garantit que « les concernés bénéficient d’une allocation chômage pour une durée d’une année renouvelable, conformément à la réglementation en vigueur pendant la période de la formation ». Cette disposition devrait lever un frein financier majeur à la reconversion professionnelle.

Le texte ouvre également le choix des établissements de formation. Selon l’article 8, « les bénéficiaires de l’allocation chômage peuvent accéder à une formation qualifiante ou diplômante au niveau des établissements publics ou privés agréés de formation et d’enseignement professionnels ». Cette liberté de choix s’accompagne toutefois d’une obligation d’information auprès de l’ANEM. La dimension territoriale n’est pas négligée. L’article 9 prévoit que le secteur de la formation professionnelle organise les sessions « en tenant compte des besoins du marché du travail et des spécificités de chaque wilaya ». Cette approche décentralisée devrait permettre une meilleure adéquation entre les formations proposées et les réalités économiques locales.

Le dispositif s’appuie sur les outils numériques. L’article 6 mentionne la transmission des listes de candidats « par tout moyen, y compris via la plate-forme numérique dédiée », témoignant d’une volonté de modernisation administrative. De même, l’article 10 impose à l’ANEM d’informer les bénéficiaires « par tous les moyens disponibles » du lieu et du calendrier de leur formation. La durée et le contenu des formations restent conformes à la réglementation sectorielle en vigueur. L’article 12 précise que la formation sera « sanctionnée par des certificats délivrés par les établissements de la formation professionnelle concernés », garantissant ainsi une reconnaissance officielle des compétences acquises. Ce nouveau cadre réglementaire traduit une ambition : transformer la période de chômage en opportunité de montée en compétences, particulièrement dans les secteurs où les employeurs peinent à recruter.

Lyna Larbi

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