Guerre au Moyen-Orient : Le blocus américain des ports iraniens resserré
L’armée américaine a annoncé mardi avoir tiré sur un navire battant pavillon du Panama qui tentait de s’approcher d’un port iranien en violation du blocus instauré par Washington, alors que le trafic maritime dans le détroit d’Ormuz est tombé à son niveau le plus bas depuis une semaine et que les tractations autour de la réouverture de cette voie stratégique se poursuivent entre Téhéran, Washington et Mascate. Un hélicoptère a tiré deux missiles sur la salle des machines du cargo Vela Nova après que son équipage a « ignoré » les avertissements américains, a précisé le commandement militaire américain pour le Moyen-Orient, le Centcom, dans un communiqué publié sur X. Il s’agit de la troisième fois que l’armée américaine recourt à la force pour faire respecter son blocus des ports iraniens depuis sa remise en place le 14 juillet. Depuis cette date, les forces américaines affirment avoir redirigé 55 navires qui tentaient de forcer le passage. Lors de la première mise en place du blocus, entre mi-avril et mi-juin, l’armée américaine avait tiré sur neuf navires et redirigé plus de 140 autres. Le président américain Donald Trump a de nouveau assuré mardi soir que les États-Unis exerçaient un « contrôle total » sur le détroit d’Ormuz, voie stratégique dont l’accès a été restreint par l’Iran après l’offensive américano-israélienne de fin février. « Nous avons un contrôle total du détroit d’Ormuz actuellement. Ils n’en ont pas le contrôle. Nous en avons le contrôle total, nous le possédons », a-t-il déclaré à des journalistes.
Conséquence de ces tensions persistantes, le nombre de navires ayant emprunté le détroit est tombé à huit mardi, son plus bas niveau depuis une semaine, selon des données maritimes citées par le cabinet Kpler, très inférieur à la moyenne sur dix jours d’environ douze navires. Les cours du pétrole ont poursuivi leur hausse mercredi matin dans les échanges asiatiques, portés par la perspective d’un blocage durable de cette voie par laquelle transite une part significative du pétrole mondial.
Sur le plan diplomatique, l’Iran et Oman ont tous deux qualifié de « positives » les négociations en cours sur un nouvel itinéraire à travers le détroit, dont la gestion serait partagée entre Téhéran et Mascate. Un conseiller du Guide suprême, Mohammad Bagher Zolghadr, a toutefois énuméré une série de conditions préalables à toute réouverture, exigeant notamment la fin des menaces et de ce que Téhéran qualifie d’agressions contre l’Iran et ses alliés régionaux, la levée du blocus naval et le retrait des forces américaines, une indemnisation pour les dommages subis lors des dernières guerres, ainsi que la levée des sanctions et le déblocage des avoirs iraniens à l’étranger. Des analystes cités par la BBC estiment que ces exigences, si elles traduisent un durcissement de ton côté iranien, pourraient aussi relever d’une tactique de négociation, un accord sur le détroit restant jugé possible à brève échéance.
Dans ce contexte régional tendu, le ministre pakistanais de l’Intérieur, Mohsin Naqvi, s’est rendu en Iran pour évoquer la sécurité et la stabilité régionales, rencontrant notamment le président Massoud Pezeshkian et le chef de la diplomatie Abbas Araghchi, dans le cadre des efforts de médiation menés par Islamabad. Par ailleurs, le ministre pakistanais des Affaires étrangères a annoncé la mort de trois ressortissants pakistanais lors d’une attaque menée par les rebelles houthis contre un navire en mer Rouge, condamnant fermement cette action contre un bâtiment commercial non combattant.
R.I.

