Cisjordanie occupée : L’ONU alerte sur un « tournant dangereux » face à l’escalade sioniste et la colonisation rampante
La Cisjordanie occupée a atteint un « tournant dangereux », ont averti mardi à New York deux hauts responsables des Nations unies, sur fond d’escalade des violences de l’entité sioniste, de multiplication des attaques de colons et d’accélération de la colonisation dans le territoire palestinien occupé. S’exprimant devant le Conseil de sécurité réuni sur la situation au Moyen-Orient, y compris la question palestinienne, le coordonnateur adjoint de l’ONU pour le processus de paix au Moyen-Orient, Ramses Alakbarov, a affirmé que la dégradation en cours n’était « pas soudaine, mais résultait de plusieurs décennies d’un conflit non résolu, qui a approfondi l’occupation sioniste, conduit l’Autorité palestinienne au bord de l’effondrement et compromis les perspectives de création d’un Etat palestinien indépendant, viable et souverain ». Le responsable onusien a précisé qu’au 10 août, 76 Palestiniens, dont 18 enfants, étaient tombés en martyrs en Cisjordanie depuis le début de l’année dans des agressions de l’occupation et des attaques de colons. Selon lui, « la violence des colons a atteint des niveaux sans précédent », l’ONU ayant documenté plus de 1.430 incidents impliquant des colons sionistes depuis janvier. La directrice exécutive adjointe de l’Unicef, Hanan Suleiman, a de son côté insisté sur les conséquences de cette escalade pour les enfants palestiniens, y compris à El-Qods occupée. Elle a fait état de la mort vérifiée de 174 enfants entre janvier 2024 et fin juillet 2026, soit en moyenne un enfant tué chaque semaine. Plus de 800.000 enfants sont en outre privés d’un accès sûr à l’éducation en raison des fermetures d’écoles, des restrictions de circulation et des dommages infligés aux infrastructures. La responsable onusienne s’est dite « profondément préoccupée » par le sort des enfants palestiniens détenus dans les geôles de l’occupant, où ils continuent, selon elle, de subir violences et mauvais traitements.
Cette alerte onusienne intervient alors que l’armée sioniste a mené mardi une nouvelle incursion dans le camp de Qalandya, au nord d’El-Qods occupée, s’y déployant dans plusieurs quartiers pour distribuer des avis de démolition visant des habitations palestiniennes, a rapporté l’agence de presse palestinienne Wafa. Ces mesures s’inscrivent, selon la même source, dans la poursuite de l’escalade et des incursions, arrestations et attaques contre les civils et leurs biens. Fin juillet déjà, l’armée d’occupation avait pris d’assaut le centre de formation professionnelle de Qalandya relevant de l’UNRWA, un acte condamné par l’office onusien comme une violation directe de la Convention sur les privilèges et immunités des Nations unies. Sur le volet de la colonisation, le gouvernorat d’El-Qods a mis en garde, dans un communiqué publié mardi, contre un nouveau plan d’extension de la colonie « Gilo » au sud de la ville sainte, qu’il qualifie d’« escalade dangereuse dans la politique de colonisation et d’annexion rampante ». Le texte souligne que ce projet, conjugué aux travaux d’agrandissement des colonies « Givat Hamatos » et « Har Homa », vise à « imposer une réalité de colonisation continue coupant la continuité géographique entre la ville sainte et son environnement palestinien » et à empêcher toute continuité territoriale entre El-Qods, Bethléem et le sud de la Cisjordanie occupée.
Cette dégradation en Cisjordanie s’inscrit dans le prolongement du drame que continue de vivre la bande de Ghaza, où le bilan de l’agression génocidaire sioniste s’est encore alourdi à 73.388 martyrs et 174.259 blessés depuis le 7 octobre 2023, selon les autorités sanitaires palestiniennes. Depuis l’entrée en vigueur du cessez-le-feu le 10 octobre dernier, 1.259 Palestiniens sont tombés en martyrs et 4.148 autres ont été blessés. À Genève, l’Organisation mondiale de la santé a par ailleurs alerté sur les milliers de patients de Ghaza toujours en attente d’une évacuation sanitaire, malgré le cessez-le-feu, alors que les établissements de santé de l’enclave demeurent exsangues, faute de médicaments et de matériel adéquats.
L.S.

