Biskra : La pénurie d’eau potable s’aggrave sous la canicule
Alors que les températures atteignent des niveaux particulièrement élevés à travers le pays, plusieurs quartiers de Biskra continuent de subir de fortes perturbations dans l’alimentation en eau potable. Une situation qui met à rude épreuve les familles et relance les interrogations sur l’état du réseau de distribution. Une situation d’autant plus préoccupante que la wilaya, à l’instar de nombreuses régions du pays, connaît actuellement de très fortes chaleurs, faisant de l’accès régulier à l’eau une nécessité essentielle. Dans plusieurs zones de la Reine des Ziban, les robinets restent à sec pendant de longues périodes, obligeant les familles à multiplier les solutions de fortune pour assurer leurs besoins quotidiens. La vétusté du réseau de distribution, les fuites ainsi que les branchements anarchiques sont régulièrement pointés du doigt par les habitants. Certains assurent être privés d’eau depuis plusieurs semaines, voire plusieurs mois. C’est notamment le cas dans des lotissements et quartiers d’El Alia, Haï Zemmit, Laatila, El Hoffra, El Course et Dalaa, ainsi que dans les cités Khobzi et El Boukhari, Haret El Oued et Lemcid. Face à ces perturbations, les familles concernées multiplient les réclamations auprès de l’Algérienne des eaux (ADE) et expriment leur mécontentement sur les réseaux sociaux. En attendant une amélioration durable de la situation, nombre d’entre elles se tournent vers les vendeurs d’eau par citerne, dont les véhicules sillonnent les quartiers pour répondre à une demande qui ne cesse de croître. La multiplication des citernes et des réservoirs domestiques témoigne de l’ampleur des difficultés rencontrées. Certains ménages ont dû installer des pompes afin de profiter des faibles arrivées d’eau lorsque celles-ci se produisent, au prix d’une consommation électrique supplémentaire. Pour les usages courants, notamment le nettoyage, la lessive ou l’arrosage, chaque litre devient précieux. La situation pèse également sur le budget des familles qui doivent acheter régulièrement de l’eau minérale en bouteille. Par ailleurs, l’eau qui arrive de manière intermittente au robinet présente parfois une coloration ou une forte teneur en calcaire, ce qui pousse les habitants à privilégier l’eau conditionnée pour la consommation. Des perceptions qui alimentent davantage le sentiment d’inquiétude parmi les ménages concernés. Cette situation intervient alors que le secteur de l’hydraulique fait l’objet d’un suivi particulier des pouvoirs publics. La visite effectuée début août par le ministre de l’Hydraulique, Lounès Bouzegza, dans les wilayas de Biskra et d’El Kantara, a permis de dresser un état des lieux du secteur et d’examiner les différents projets engagés pour améliorer l’alimentation en eau. Les données présentées au ministre ont fait état d’importants investissements publics consacrés à la modernisation des infrastructures hydrauliques, au renforcement des capacités de stockage et à l’amélioration de la couverture des besoins de la population. Le ministre a également salué les efforts consentis par les walis et les responsables locaux en charge de la gestion des ressources hydriques. Mais sur le terrain, le contraste demeure saisissant entre les capacités de production annoncées et les difficultés persistantes de distribution. Une partie des problèmes semble notamment liée à l’état du réseau et aux pertes enregistrées avant même que l’eau n’atteigne les foyers. Les opérations de rénovation engagées par les autorités locales sont donc particulièrement attendues par les habitants, notamment dans les secteurs où les coupures se prolongent. Un projet majeur pourrait également contribuer, à terme, à sécuriser l’alimentation de la région. Le ministre a en effet donné son accord au projet d’acheminement des eaux du barrage de Beni Haroun, dans la wilaya de Mila, vers la région des Ziban, via le barrage de Koudiet Lemdouar, à Batna. Pour les habitants de Biskra, l’urgence reste toutefois immédiate. En pleine période de canicule, l’accès à l’eau ne peut être considéré comme une simple question de confort. La rénovation du réseau, la réduction des pertes et la régularité de la distribution sont désormais attendues comme des réponses concrètes à un calvaire qui perdure, afin que l’eau produite puisse enfin parvenir aux robinets des ménages qui en ont le plus besoin.
Z.M.

