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Souk-Ahras : Le service d’oncologie de Sedrata à l’étroit

Le service d’oncologie du centre mère-enfant relevant de l’hôpital Houari Boumediene de Sedrata, dans la wilaya de Souk-Ahras, se retrouve aujourd’hui confronté à une pression croissante, conséquence directe de l’augmentation continue du nombre de patients pris en charge. Chaque jour, des dizaines de malades, originaires de différentes communes de la wilaya mais également de régions limitrophes, notamment Tébessa et Guelma, convergent vers cette structure pour des consultations, des suivis médicaux, des examens et des séances de chimiothérapie. Plus de 200 patients, hommes et femmes, sont actuellement suivis au niveau de ce service, qui assure à la fois le dépistage, le suivi et les traitements chimiothérapiques. Une activité qui n’a cessé de progresser ces dernières années et dont les chiffres traduisent l’ampleur de la demande. En 2024, pas moins de 1 663 doses de chimiothérapie ont été administrées. L’activité a encore progressé en 2025 et les prévisions pour l’exercice en cours laissent entrevoir un nouveau niveau record à la fin de 2026. Cette évolution met cependant en évidence un décalage préoccupant entre les besoins et les moyens d’accueil disponibles. Le service ne dispose actuellement que de trois lits dédiés aux séances de chimiothérapie et de huit lits ordinaires, répartis entre deux salles réservées respectivement aux hommes et aux femmes. Une capacité qui apparaît particulièrement réduite au regard du nombre de patients suivis et de la progression de l’activité. Pour les équipes médicales et paramédicales, cette situation impose quotidiennement des conditions de travail difficiles, alors même que la prise en charge oncologique nécessite du temps, de la disponibilité et un environnement adapté. Rappelons que le médecin spécialiste en oncologie, les médecins généralistes, le personnel médical et paramédical, la responsable du service, l’assistante sociale ainsi que les familles des patients ont, à plusieurs reprises, attiré l’attention sur la nécessité d’augmenter les espaces consacrés à cette activité. Car, faut-il le souligner, au-delà de la seule question du nombre de lits, c’est toute la qualité de l’accueil qui est concernée. Les patients soumis à des traitements lourds, parfois longs, ont besoin de conditions leur garantissant davantage de confort, d’intimité et de sérénité durant leur parcours thérapeutique. Face à cette situation, et selon une source médicale, des acteurs de la société civile locale ont décidé d’interpeller les autorités sanitaires afin qu’une solution soit trouvée dans les meilleurs délais. Parmi les pistes avancées figure le transfert du service d’oncologie vers le nouveau centre de santé d’Amar Fercha, relevant de la même structure hospitalière. Cette infrastructure disposerait, selon les initiateurs de la démarche, d’espaces plus vastes, mieux adaptés et dotés d’équipements modernes, ce qui pourrait permettre d’améliorer sensiblement les conditions d’accueil et de prise en charge des patients. Un éventuel transfert permettrait également de dégager davantage d’espace pour les séances de chimiothérapie et d’offrir aux malades un cadre plus approprié à la durée et à la lourdeur des traitements. Cette proposition, nous dit-on, intervient dans un contexte où la demande en soins oncologiques ne cesse de progresser et où le service doit faire face à l’afflux de patients provenant également des wilayas voisines. La question posée aujourd’hui à Sedrata n’est donc plus seulement celle de l’extension d’un service, mais celle de l’adaptation de l’offre de soins à une activité qui a profondément évolué. Les efforts quotidiens des équipes médicales et paramédicales permettent de maintenir la prise en charge malgré la pression, mais ils ne sauraient, à eux seuls, nous explique-t-on, compenser durablement l’insuffisance des capacités d’accueil. Entre l’augmentation constante de l’activité et des infrastructures qui semblent désormais trop exiguës, l’urgence est de donner au service d’oncologie de Sedrata les moyens correspondant à sa réalité. Pour les patients et leurs familles, l’extension ou le transfert vers une structure mieux adaptée ne constitue plus un confort supplémentaire, mais une nécessité pour améliorer les conditions de soins et accompagner dignement ceux qui livrent chaque jour leur combat contre cette lourde maladie.

S. Chahine

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