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De plus en plus isolé diplomatiquement et économiquement : Les Emirats arabes unis face à une crise inédite

Les Emirats arabes unis traversent une crise économique et diplomatique sans précédent, avec un taux d’occupation hôtelière en chute libre, un marché de l’emploi dégradé et de nouvelles restrictions sur les transferts financiers imposées par des pays voisins pour contrer une criminalité financière en expansion, dans un contexte où ce petit Etat du Golfe est accusé de déstabiliser plusieurs pays de la région, rapportent plusieurs médias.

Dans un article publié lundi, le média allemand DW détaille les conséquences de la situation sécuritaire au Moyen-Orient sur l’économie émiratie. Le taux d’occupation des hôtels à Dubaï « a chuté de façon spectaculaire, passant de 80 % à seulement 10 % environ », écrit le journal. Plusieurs établissements ont fermé prématurément « pour des +rénovations planifiées+ », tandis que d’autres complexes hôteliers tentent d’attirer les résidents émiratis eux-mêmes avec des offres de « séjours locaux », poursuit le média, qui décrit une situation chaotique dans le secteur. Citant le New York Times, DW évoque aussi la situation difficile des travailleurs étrangers à bas salaire, confrontés à la raréfaction des emplois dans l’hôtellerie et le tourisme. Des journalistes à Dubaï « ont rapporté avoir vu des personnes faire du porte-à-porte pour trouver du travail », relate le média allemand. Il pointe par ailleurs des pressions inflationnistes qui ont fait grimper les prix des matières premières et des importations, alors que les prix de l’immobilier ont eux aussi reculé.

Au vu des chiffres publiés et des « mesures apparemment désespérées prises par les autorités de ce pays autoritaire », l’auteur de l’article estime que « l’économie des Emirats arabes unis soit en difficulté ». Ce constat rejoint celui du quotidien belge Le Soir, qui indiquait en juillet, dans un article intitulé « Le marché immobilier en difficulté à Dubaï », que « les ventes de logements ont chuté au deuxième trimestre de 31 % en volume et de 45 % en valeur, sur un an, avec un recul particulièrement marqué sur le segment du luxe ».

Pays à haut risque

Sur le plan diplomatique, l’agence Reuters a de son côté révélé, dans un article intitulé « L’Arabie saoudite renforce la surveillance des transferts bancaires à destination des Emirats arabes unis afin de lutter contre la criminalité », que Ryad a placé les transferts financiers vers Abou Dhabi « sous des niveaux de surveillance réglementaire supplémentaires réservés aux pays considérés comme présentant un risque élevé de flux financiers illicites ». L’information s’appuie sur trois sources ayant une connaissance directe du dossier.

Ces mesures, non annoncées publiquement, pourraient expliquer pourquoi plusieurs entreprises ont rencontré des difficultés ces derniers mois pour transférer des fonds de comptes en Arabie saoudite vers les Emirats arabes unis, un problème d’abord révélé par Bloomberg et le Financial Times en juillet. Ce renforcement de la surveillance place ainsi les Emirats arabes unis parmi les pays considérés comme « à haut risque » par l’Arabie saoudite en matière de criminalité financière, selon deux sources citées par Reuters.

Le site Middle East Eye, dans un article titré « L’Arabie saoudite renforce les règles relatives aux transferts financiers vers les Emirats arabes unis », relève dans le même sens que cette décision « semble être le dernier signe en date de la montée des tensions entre les deux pays du Golfe ». Plusieurs sources ont par ailleurs indiqué au Financial Times que des paiements effectués par des banques saoudiennes vers des comptes basés aux Emirats arabes unis, appartenant à des entreprises et à des particuliers de Dubaï, avaient été retournés ou bloqués depuis le mois de mai.

R.I.

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