Oran : Une équipe scientifique entame l’étude et la numérisation de 90 manuscrits rares
Une équipe de recherche spécialisée relevant du Centre national des manuscrits et de ses annexes à Tlemcen a entamé, lundi à Oran et jusqu’à mercredi prochain, une opération scientifique visant à étudier et à numériser 90 manuscrits rares conservés au sein de l’une des plus importantes collections privées de l’Ouest algérien, a indiqué un communiqué du Centre. Cette opération porte sur une collection privée comprenant plus de 90 manuscrits couvrant différents domaines scientifiques et du savoir, dont certains seraient vraisemblablement des originaux écrits de la main de leurs auteurs, ce qui leur confère une valeur historique et scientifique exceptionnelle, précise la même source. Le contenu de cette collection fera l’objet de recherches et d’examens scientifiques approfondis, dans un objectif de préservation, de documentation et de numérisation de ce fonds patrimonial.
Au cours de cette mission de trois jours, l’équipe spécialisée procédera à une étude détaillée du contenu de la collection ainsi qu’à l’évaluation de l’état matériel de chaque manuscrit, avant d’engager des opérations de nettoyage et de classement. La numérisation sera ensuite réalisée conformément aux normes techniques en vigueur, afin de produire des copies numériques destinées à protéger ce patrimoine scientifique et culturel contre les risques de détérioration ou de perte, tout en facilitant son accès aux chercheurs, sans que les exemplaires originaux ne soient manipulés. L’opération comprend également un inventaire exhaustif et un catalogage selon des méthodes scientifiques modernes, en vue de l’intégration des données dans la carte nationale des collections de manuscrits que le Centre s’emploie à élaborer, un projet destiné à recenser l’ensemble des fonds patrimoniaux détenus par les bibliothèques publiques comme par les particuliers à travers le territoire national.
Cette mission à Oran s’inscrit dans la continuité des efforts affichés cette année par les autorités en charge de la culture pour la sauvegarde du patrimoine manuscrit national. Le dossier avait notamment occupé le devant de la scène en juin dernier, lorsque la Bibliothèque nationale d’Algérie avait organisé, les 15 et 16 juin 2026, au Palais des congrès « Abdelatif-Rahal » à Alger, le premier Colloque international sur le patrimoine manuscrit en Algérie, placé sous le slogan « Les chemins de l’encre en Algérie : civilisation et patrimoine ». Organisée sous le haut patronage du président de la République, Abdelmadjid Tebboune, cette rencontre avait été ouverte par la ministre de la Culture et des Arts, Malika Bendouda, en présence de chercheurs, de spécialistes et de responsables de fonds de manuscrits venus d’Algérie et de l’étranger.
À cette occasion, le directeur de la Bibliothèque nationale, Bahadi Mounir, avait dressé un bilan des acquis du programme national de préservation du patrimoine manuscrit, faisant état d’un inventaire dépassant 46 000 manuscrits recensés, dont 5 000 déjà sauvegardés dans des bases de données numériques grâce à des techniques inspirées du traitement automatique proche du fonctionnement cognitif humain, ainsi que de l’inscription de quatre manuscrits algériens au registre « Mémoire du monde » de l’Organisation des Nations unies pour l’éducation, la science et la culture (Unesco). Les travaux du colloque avaient également donné lieu à des communications consacrées à la présence du manuscrit algérien dans les fonds étrangers, des chercheurs venus de Mauritanie et du Pakistan ayant notamment souligné l’ampleur de la diffusion de la production scientifique algérienne au sein du monde islamique, du Sahara jusqu’au sous-continent indien.
L’opération engagée cette semaine à Oran vient ainsi conforter cette dynamique, en associant les détenteurs de collections privées à un travail scientifique mené en partenariat avec les institutions publiques, dans la perspective de constituer une cartographie nationale exhaustive de ce patrimoine intellectuel, considéré par les spécialistes comme un témoignage de premier plan sur l’histoire scientifique et culturelle du pays.
M.S.

