Pétrole et gaz : Alger et Dakar veulent bâtir un partenariat à l’échelle de toute la chaîne de valeur
Le Sénégal cherche à structurer sa jeune industrie pétrolière et gazière, et l’Algérie lui offre son savoir-faire. Le ministre d’Etat, ministre des Hydrocarbures, Mohamed Arkab, a reçu dimanche à Alger le ministre sénégalais de l’Energie et du Pétrole, El Hadji Abdourahmane Diouf. Les deux hommes ont examiné les moyens de hisser leur coopération au rang d’un partenariat couvrant l’ensemble de la chaîne de valeur, à l’heure où Dakar entend capitaliser sur ses récentes découvertes. Selon le communiqué du ministère, la rencontre s’est tenue en présence de cadres du département, de l’ambassadeur du Sénégal en Algérie, Mbaba Kora Ndiaye, et de membres de la délégation sénégalaise. Les deux parties « se sont félicitées de la solidité des relations fraternelles et historiques » entre les deux pays, ainsi que de leur volonté politique commune de les élever « au rang d’un partenariat stratégique multidimensionnel ». Les discussions ont porté sur l’exploration, la production, le développement des gisements, le raffinage et la pétrochimie. Elles ont également mis en avant le rapprochement entre Sonatrach et la société nationale sénégalaise Petrosen, sur la base des accords et mémorandums déjà signés, qui ouvre « de nouvelles perspectives pour l’investissement ». La formation constitue un autre pilier. Le communiqué évoque un soutien au transfert de connaissances entre l’Institut algérien du pétrole, la Sonatrach Management Academy et les instituts spécialisés sénégalais. Il cite notamment les cadres juridiques des activités d’hydrocarbures, la gestion des données pétrolières, la sécurité industrielle et la protection de l’environnement. M. Arkab a rappelé que l’Algérie, en application des directives du président de la République, M. Abdelmadjid Tebboune, accorde une « importance capitale » au renforcement de la coopération africaine et à la promotion des partenariats Sud-Sud. Il a plaidé pour une coordination accrue entre pays africains, en particulier au sein de l’Organisation des producteurs de pétrole africains (APPO), afin d’exploiter au mieux les ressources et de garantir la sécurité énergétique du continent, tout en relevant les défis de la transition et du transfert de technologie. Pour sa part, M. Diouf a dit l’intérêt de son pays pour « l’expérience pionnière de l’Algérie » et salué la compétence de ses ressources humaines et de ses entreprises, Sonatrach en tête.
L’enjeu dépasse le cadre protocolaire. Pour Dakar, il s’agit de transformer des découvertes en une filière maîtrisée, avec les compétences, le cadre réglementaire et les infrastructures qu’elle suppose. Pour Alger, l’échange conforte une diplomatie énergétique tournée vers l’Afrique, qui valorise l’expertise de Sonatrach et la doctrine Sud-Sud défendue par le chef de l’Etat. Il intervient en outre à la veille de l’ouverture, à Oran, du NAPEC 2026, grand rendez-vous de l’énergie africain et méditerranéen. Ce rapprochement s’inscrit dans une dynamique récente. Le 26 juillet dernier, le ministre sénégalais des Affaires étrangères, Cheikh Niang, avait été reçu à Alger par M. Arkab, en présence de responsables de Sonatrach, après des entretiens avec Ahmed Attaf et le Premier ministre, Sifi Ghrieb. Les deux capitales étaient convenues de préparer la prochaine session de leur Commission mixte avant la fin de l’année et de relancer le Conseil d’affaires algéro-sénégalais.
Sabrina Aziouez

