Culture

Une voix de la scène algérienne s’éteint : L’adieu à Abdelaziz Guerda

Metteur en scène à l’occasion, Guerda ne s’est jamais contenté d’être devant la caméra. Il portait aussi un regard de créateur sur le théâtre, signant quelques mises en scène qui témoignent de sa polyvalence et de son attachement à cet art qui l’a vu naître comme artiste.

Le monde de la culture pleure un des visages de la scène algérienne les plus attachants. Le comédien et metteur en scène Abdelaziz Guerda a rendu l’âme lundi à l’hôpital de Sidi Ghilès, dans la wilaya de Tipaza, à l’âge de 79 ans. L’Association artistique de cinéma « Lumières » a confirmé la nouvelle dans un communiqué précisant que l’artiste est « décédé, lundi à l’hôpital de Sidi Ghilès à Tipaza, à l’âge de 79 ans, des suites d’une longue maladie ».

Le texte salue « une riche carrière artistique, marquée par plusieurs décennies d’engagement et de contribution à l’enrichissement du théâtre, du cinéma et de la production télévisuelle algériens ». Cela résume le parcours d’un homme entré très jeune dans le métier, avant même de fouler les bancs de l’Institut national d’Art dramatique et chorégraphique de Bordj El Kiffan, devenu depuis l’Institut supérieur des métiers des Arts du spectacle.

Né le 2 décembre 1946 à la Casbah d’Alger, Guerda grandit dans un quartier où le théâtre populaire se pratiquait presque à chaque coin de rue. C’est au Théâtre national algérien qu’il pose ses premiers pas de professionnel, multipliant les rôles dans des adaptations du répertoire universel autant que dans des pièces enracinées dans la tradition locale, à l’image de « Slimane El Louk » et « Mir Ou Rabbi Kbir ». Le grand écran lui ouvre ensuite ses portes, avec des apparitions remarquées dans « Hassan Taxi », « Charaf El Kabila », « Morituri » ou encore « Serkadji ». Mais c’est sans doute la télévision qui l’installe durablement dans le cœur du public algérien. Sa silhouette familière traverse « Nass Mlah City », feuilleton culte du milieu des années deux mille, puis « Azraê Yenbet », « Binatna », « Bin El Bareh Ouel Youm », « Dar El Bahdja » et « Le Sultan Achour 10 ». il ne fait pas non plus oublier son rôle dans la série « Sebaâ Hadjarate », une de ses apparitions les plus récentes à l’écran.

Metteur en scène à l’occasion, Guerda ne s’est jamais contenté d’être devant la caméra. Il portait aussi un regard de créateur sur le théâtre, signant quelques mises en scène qui témoignent de sa polyvalence et de son attachement à cet art qui l’a vu naître comme artiste. Sa disparition a suscité une vague d’hommages dans le milieu artistique national, où nombreux sont ceux qui saluent la simplicité d’un comédien resté proche du public malgré une carrière longue de plus d’un demi siècle.

Mohand Seghir

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